Pour une production alimentaire durable

Article écrit le 22 octobre 2010 par : Benoit THEVARD -Ingénieur Conseil en génie énergétique et résilience des territoires.

L’alimentation est évidemment préoccupante, à la fois pour sa distribution et les nombreux transports qu’elle génère, mais aussi pour la production, que l’auteur souhaite aborder dans cet article.

Pour lire cet article, cliquez sur le lien suivant : http://www.avenir-sans-petrole.org/article-pour-une-production-alimentaire-durable-57515227.html

 

Génération pic pétrolier : une chance extraordinaire de changer le monde, par Richard Heinberg

Article écrit par Richard Heinberg, déclaration au Worcester Polytechnic Institute, 14 mai 2011 – Extrait – Publication originale YES ! Magazine

Richard Heinberg est membre du Post Carbon Institute. Il est l’auteur de :
The Party’s Over : Oil, War, and the Fate of Industrial Societies,
Peak Everything : Waking Up to the Century of Declines
The End of Growth : Adapting to Our New Economic Reality.

 

Mes paroles s’adressent en particulier à vous, qui êtes étudiants. Voici quelle sera la réalité déterminant vos existences. Quel que soit votre futur domaine d’activité, que ce soit le commerce, la finance, l’ingénierie, le transport, l’agriculture, l’éducation ou les loisirs, votre situation sera conditionnée par la transition énergétique qui est en cours actuellement. Mieux vous comprendrez cette réalité et plus efficace vous serez pour apporter votre contribution à la société et tracer votre chemin dans le monde.

Nous vivons l’un des grands tournants de l’histoire. Au cours de votre vie, vous serez les témoins de changements dans le monde qui seront les plus importants depuis le début de l’humanité. Vous aurez la possibilité de participer à la refonte des infrastructures de base qui sous tendent notre société, énergie, alimentation, transports et finance.

Je m’exprime avec une certaine assurance, car nos infrastructures existantes dans l’énergie, l’alimentation, les transports et la finance ne peuvent être maintenues dans la situation qui se dessine : celle d’un épuisement des combustibles fossiles et d’une instabilité du climat. Par conséquent, ce que vous choisirez de faire de votre vie pourrait avoir des conséquences beaucoup plus importantes que ce que vous pourriez imaginer aujourd’hui.

Au long de votre existence la société aura à résoudre plusieurs problèmes fondamentaux :

- Comment produire notre alimentation de manière durable, sans apport de combustibles fossiles, sans appauvrir les terres arables ou des réserves d’eau douce de plus en plus rares.

- Comment subvenir aux besoins de 7 milliards d’êtres humains sans épuiser les ressources naturelles, y compris les forêts et les pêcheries, et des réserves finies de minerais.

- Comment réorganiser notre système financier afin qu’il puisse continuer à remplir sa fonction essentielle, qui consiste à réinvestir l’épargne dans des projets socialement utiles dans le contexte d’une économie dont l’activité, au lieu de croitre sans cesse, se stabilise, voire même diminuerait en raison du déclin des approvisionnements en énergie.

La résolution de chacun de ces problèmes essentiels demandera du temps, de l’intelligence et du courage. Relever ces défis est une tâche requérant des héros et des héroïnes, une tâche suffisamment vaste pour nécessiter que même la plus grande génération qu’ait pu porter l’histoire humaine doive s’y consacre entièrement. Si chaque crise offre une nouvelle chance, alors celle-ci offre à l’humanité la plus grande occasion qu’elle ait connue.

L’aptitude la plus importante que nous puissions espérer acquérir est sans doute celle de tirer le meilleur parti des circonstances que la vie nous réserve. A l’heure actuelle, ces circonstances sont celles d’une transformation fondamentale de la situation économique. Durant ce siècle, nous, Américains, jouiront de moins de biens matériels et de mobilité. D’ici à quelques années, nous regarderons la fin du 20e siècle en Amérique comme une époque où le consumérisme prôné par la publicité était complètement hors de proportion avec ce que la nature peut nous offrir de façon durable. J’imagine que nous nous souviendrons de ce moment avec un mélange de nostalgie et de regret, comme d’un âge d’or d’une abondance disparue, mais aussi comme d’un moment de folie et de cupidité qui a mis le monde entier en danger.

Tirer le meilleur parti de notre nouvelle situation implique de trouver le bonheur dans la conception de produits de meilleure qualité qui pourront être réutilisés, réparés, recyclés pratiquement à l’infini, et de nous accomplir dans les relations humaines et des activités culturelles plutôt que dans une consommation frénétique.

Heureusement, nous savons aujourd’hui grâces aux études psychologiques transculturelles qu’il n’existe que peu de corrélation entre les niveaux de consommation et le bonheur. Ce qui nous montre que la vie peut être en réalité meilleure, même sans combustibles fossiles.

Considérer les moments de crises comme des moments difficiles ou des périodes de vastes renouvellements relève en réalité d’une question de point de vue. Je tiens à souligner ce point. Nous vivons un moment d’opportunité sans précédent pour se rendre utile à la communauté. Un moment où il sera possible de changer vraiment le monde, parce que le monde doit changer de toute façon. Un moment où vous pouvez faire la différence en contribuant à façonner ce changement nécessaire et inévitable.

Lors de mes déplacements, je rencontre dans toutes les régions de ce pays des jeunes qui sont à prêts à relever le défi de construire un avenir post-pétrole : un agriculteur de 25 ans dans le New Jersey, qui laboure avec des chevaux et n’utilise pas de produits chimiques ; le responsable d’une coopérative de production de biocarburant à Northampton ; un installateur solaire à Oakland, en Californie. La transition énergétique imposera de mener une nouvelle réflexion dans tous les domaines, des beaux-arts à la banque. Partout, les entreprises embauchent des spécialistes du développement durable, pour tracer leur chemin à travers les nouveaux défis et opportunités. Au même moment, de nombreux jeunes rejoignent des organisations militant dans le domaine de l’énergie et du climat, telle 350.org et Transition Initiatives.

Pour conclure, je voudrais résumer mon message ainsi : les combustibles fossiles ont permis de construire le monde dans lequel vous avez vécu durant votre enfance et tout au long de vos années d’études. Maintenant c’est à vous d’imaginer et de construire le monde d’après les combustibles fossiles. C’est le défi et l’opportunité de votre vie. Je vous souhaite bonne chance pour que vous en profitiez au mieux.

 


Le véhicule électrique est-il la panacée ?

Article écrit en janvier 2012 par Jean-Marc JANCOVICI – Ingénieur Conseil diplômé de l’Ecole polytechnique et Télécom, spécialisé dans les domaines du changement climatique, de l’intensité énergétique et du pétrole.

Sainte voiture électrique ! Il n’est désormais plus un discours public qui fasse l’économie d’un petit couplet sur cette merveille du 21è siècle qui va nous tirer du pétrin carbonique, aussi sûr que 2 et 2 font 4. Véhicule « propre » ici, véhicule « du futur » là, tout responsable politique qui se targue d’écologie fait nécessairement les yeux doux à cette Chimène des temps modernes. Alors, l’électron démocratique va nous sauver la vie, ou que nenni ?

Pour lire la suite de cet article, cliquez sur le lien suivant : http://www.manicore.com/documentation/voit_elect.html

 

 

 

Un système de santé dépendant du pétrole

Article écrit le 26 août 2010  par Benoit THEVARD- Ingénieur Conseil en génie énergétique et résilience des territoires

Notre système de santé, comme tous les autres secteurs de notre société, dépend énormément du pétrole. Dans un contexte de hausse future des prix et de raréfaction de celui-ci, quelles-sont ses vulnérabilités ?

Pour lire la suite, cliquez sur ce lien : http://www.avenir-sans-petrole.org/article-resilience-du-systeme-de-sante-en-france-56011821.html

 

Quelle médecine après le pic pétrolier ?

Pour lire ce second article de Benoit THEVARD le 26 novembre 2010, cliquez sur ce lien : http://www.avenir-sans-petrole.org/article-quelles-medecines-apres-le-pic-petrolier-61791921.html

La planète entière pourrait-elle manger bio ?

Article écrit en février 2011 par Jean-Marc JANCOVICI – Ingénieur Conseil diplômé de l’Ecole polytechnique et Télécom, spécialisé dans les domaines du changement climatique, de l’intensité énergétique et du pétrole.

Il existe déjà une large part de la planète qui mange bio : tous les pays « sous-développés » qui n’ont pas les moyens de se payer engrais et pesticides ! Et chez nous, l’agriculture non bio n’est pas si vieille : elle ne date que de quelques décennies seulement, car avant la seconde guerre mondiale nous n’avions ni engrais ni pesticides de synthèse.

Avant d’aller de l’avant, je vais préciser que j’entends par bio non point une norme, mais une agriculture qui n’utilise pas les produits suivants (que l’on appelle aussi des « intrants ») :

Pour lire la suite de cet article, veuillez cliquer sur le lien suivant : http://www.manicore.com/documentation/manger_bio.html

Les transports après le pic pétrolier

Article écrit le 12 juillet 2011 par Benoît Thévard – Ingénieur Conseil en énergie et résilience des territoires

Repenser notre système de transport dans un monde où le pétrole est rare et cher n’est pas une mince affaire. En 2010, environ 92,5% de l’énergie consommée pour les transports était issue du pétrole. Le reste se compose d’agro-carburants (5,3%) et d’électricité (2,2%) pour les trains. Depuis 1973, la consommation de pétrole pour les transports a presque doublé, passant de 25,3 Mtep/an à 46,3 Mtep/an.

Pour lire la suite de cet article qui aborde de nombreuses solutions, cliquez sur ce lien : http://www.avenir-sans-petrole.org/article-les-transports-apres-le-pic-petrolier-79153168.html

 

Fin du développement durable – Objectif résilience !

Parlons de développement durable. La durabilité, c’est assurer nos besoins en utilisant les ressources de la planète de sorte que celles-ci restent intactes pour nos besoins à venir et ceux des générations futures. Ce n’est pas le cas. La situation n’a pas cessé de s’aggraver depuis les premiers accords de Kyoto.

Les désirs de croissance infinie dans un monde fini n’ont pas fondamentalement évolué, et cela s’est même aggravé car les pays émergents, généralement très peuplés,  aspirent à notre mode de vie non durable. Et nous les encourageons à cela pour accroître le profit de quelques capitaines d’immenses industries.

La croissance verte n’existe pas. C’est un concept malin qui permet à chacun de ne rien modifier dans son mode de vie et sa soif de « plus » en continuant de consommer et de vendre tout ce qui peut l’être. Comme le démontre les 40 dernières années,  la déesse « croissance » implique toujours plus de ressources fossiles, d’eau, et de saccage de la biodiversité. Ce n’est pas l’arrivée des ordinateurs, des flux d’information électroniques et autres progrès technologiques qui ont modifié quoi que ce soit. Au contraire, ces « progrès » ont permis une nouvelle accélération des échanges de  biens, de services, des flux financiers et  des  spéculations de toutes sortes.

Les 30-40 prochaines années seront marquées par un nombre accru de crises, des crises menaçant la santé de nos populations et la stabilité de nos systèmes économiques et gouvernementaux.

La production de denrées alimentaires va devenir très difficile, pouvant entrainer un déclin de la population.

Je crois qu’il est maintenant trop tard pour éviter un enchaînement de crises mais il n’est pas trop tard pour apprendre à utiliser ces crises de façon à initier un changement positif. Il est trop tard pour le développement durable parce que nous sommes d’ores et déjà non durables. Mais il n’est pas trop tard pour réfléchir au développement « résilient » en mettant en place des mécanismes, des institutions, une culture, qui feront face à ces crises et qui les surmonteront ; tout en préservant des engagements élémentaires vis-à-vis de certaines valeurs comme  la liberté, l’égalité, l’art….

La durabilité est possible quand on est sous le seuil de saturation. Mais quand on est au-dessus, on n’a pas d’autre possibilité que de redescendre. C’est pourquoi je pars du principe que le point de départ de ma réflexion n’est pas la durabilité, mais la résilience. Cela consiste à améliorer la capacité d’adaptation de l’humanité. Nous sommes comme la Grèce, qui, pendant une brève période, a bénéficié d’un niveau de vie élevé, en accroissant sa dette. Notre société a bénéficié d’un niveau de vie très élevé, en accumulant une dette écologique. Nous avons dépensé nos économies, les réserves accumulées au cours de milliards d’années : les réserves de pétrole, d’espèces variées, de sols à vocation agricole, d’eau potable… Nous sommes en train de les épuiser. Et bientôt, nous allons devoir réduire nos dépenses jusqu’à un niveau durable. Cela ne vient pas de moi. C’est le résultat de travaux empiriques menés par une foule de gens différents aux compétences multiples. Evidemment, on peut dire qu’il n’est pas très motivant de faire entrevoir aux gens un avenir négatif, je suis d’accord. Mais d’un autre côté, vous savez, il n’est pas très utile non plus d’envisager une chose qu’on sait impossible. C’est une débauche de temps et d’argent en pure perte.

Un grand nombre d’organismes et d’individus tirent profit du système actuel. Ils en retirent énormément de pouvoir et d’argent. Ils vont donc batailler ferme pour contrer tous les efforts visant à changer ce système. L’industrie pétrolière par exemple tente de nier les changements climatiques et les pollutions occasionnées par leurs extractions. L’industrie chimique, quant à elle, occulte les questions liées à la pollution des nappes phréatiques, et ainsi de suite… Je crois qu’ils parviendront à leurs fins parce qu’ils ont le pouvoir et l’argent. Ce que nous devons faire, nous qui sommes partisans du changement, c’est essayer de créer des îlots de développement alternatif qui peuvent exister au milieu d’un océan de non durabilité.

Qu’est ce que ça signifie concrètement ?

Prenons l’exemple du système monétaire. A l’origine, la monnaie a été créée par les phéniciens pour faciliter le commerce. Puis, les mécanismes ont évolué pour permettre l’usage de la monnaie à des fins d’investissement. On faisait un placement afin d’avoir plus d’opportunité à l’avenir. Récemment, le but est d’engranger de la richesse avec la finalité de créer de la richesse. Aujourd’hui, l’argent est principalement utilisé à des fins spéculatives. C’est un jeu de hasard. Les gens l’utilisent pour essayer d’augmenter leurs revenus financiers à court terme. Je ne pense pas que l’on puisse résoudre les problèmes globaux avec le système monétaire actuel. Mais si j’essayais de modifier ce système monétaire, les banques et une foule d’autres gens s’y opposeraient aussitôt et ils auraient gain de cause. En revanche, je peux créer au sein de ma propre communauté un système monétaire local. Ce système local existerait en parallèle pour faciliter le commerce et ramener des ressources productives sur le marché. Voilà une façon de créer un îlot de développement alternatif au milieu d’un océan de non durabilité. Ce système monétaire local ne remplace pas le système financier en place, il existe de manière complémentaire. Si jamais le système financier actuel venait à s’effondrer, on disposerait alors d’une alternative concrète.

Toujours sur un plan économique, je participe depuis un an et demi avec un petit groupe de citoyens au développement d’un SEL (Système d’Echange Local) à AUCH. Le SEL D’AUCH compte aujourd’hui plus de cent adhérents qui échangent des biens et des services à l’aide d’une monnaie d’échange que nous appelons « grain de SEL ». Le volume des échanges ne cesse d’augmenter et permet à de nombreuses personnes d’accéder à des services, des soutiens, des objets de premières nécessité qu’ils ne pourraient pas s’offrir sans le SEL (pour faire partie du SEL D’AUCH ou se renseigner : 05 62 61 94 54 ou sel32000@laposte.net).

Par ailleurs, la souveraineté alimentaire est une question centrale. Il me paraît primordial de s’attacher à promouvoir le jardinage communautaire pour que les gens apprennent à produire leur propre nourriture. En outre, il me semble possible sur notre territoire de trouver des solutions de mutualisation des terres agricoles afin d’aider les agriculteurs bio à s’installer localement sans subir le poids du foncier (voir le modèle « terre de liens »). Les territoires non préparés subiront de plein fouet la hausse des prix de l’alimentation, la chute de la logistique alimentaire et de la grande distribution, la fin de l’agriculture pétrochimique et sur-irriguée !

Le problème de l’eau sera également majeur. C’est pourquoi il est important, dans une réflexion sur la résilience locale, de se poser la question des ressources et des usages de l’eau, ainsi que des solutions de traitement (pompage, traitement, distribution et traitement des eaux usées). L’association « Eauch bien commun » oeuvre en ce sens.

Enfin, la question de l’isolation des habitations est essentielle car nous devons réduire rapidement et drastiquement notre dépendance aux énergies fossiles. Par exemple, le mouvement citoyen « village cocooning » apporte de l’aide aux habitants des villages de France pour trouver les solutions techniques et financières afin d’isoler le plus grand nombre de maisons et bâtiments de leur commune. Cinq habitants se réunissent pour isoler ensemble la maison de chacun. Un artisan est désigné par les organisateurs de Village Cocooning. Il s’agit d’un professionnel de l’isolation écologique, membre du mouvement. Il vient aider pour réaliser le premier chantier participatif (www.village-cocooning.com).

Voilà quelques exemples d’actions concrètes qu’il faut mener en priorité…

En guise de conclusion, je reprendrai les propos de Benoit Thévard : « je crains que nous ne parvenions pas à faire changer de cap un Titanic à pleine vitesse. En revanche, rien n’empêche de quitter le navire avant le choc. Plus les personnes seront nombreuses à se sauver en chaloupes, plus le bateau sera allégé et maniable ».

Patrick ADDA

Auch, Territoire en Transition

« AUCH EN TRANSITION » est une initiative citoyenne qui s’inscrit dans le mouvement des villes en Transition initié en Grande-Bretagne en 2006 par Rob Hopkins.

Après 2 manifestations publiques, un comité de pilotage s’est constitué le 25 janvier 2012.

Cette initiative a pour but de favoriser une dynamique locale, en vue de se préparer à trois crises majeures : le changement climatique, la raréfaction des ressources – en premier lieu des hydrocarbures – et la crise du modèle économique et financier mondial.

Nous sommes convaincus que l’interaction de ces trois crises dans la présente décennie a un potentiel dévastateur et qu’il est incontournable de se préparer dès maintenant à la transition vers un nouveau mode de vie.

Le mouvement des villes et territoires en transition est né de cette conviction et propose une démarche collective fondée sur :

  • l’engagement rapide dans la décroissance de la consommation énergétique et des ressources en général ;
  • la reconstitution de la résilience des territoires et communautés humaines, c’est-à-dire leur capacité à traverser les difficultés grâce au resserrement des liens économiques et sociaux ;
  • la relocalisation plus ou moins prononcée des activités, en particulier la production alimentaire ;
  • une vision volontariste et positive de l’avenir susceptible de redonner confiance et de mobiliser les énergies et les compétences de chacun ;
  • une action ascendante, c’est-à-dire partant des citoyens ;
  • une action à l’échelle de ce que vivent les citoyens et où ils ont prise sur leur vie, c’est-à-dire au niveau local ;
  • une démarche inclusive de tous les acteurs et habitants d’un territoire, avec des actions transversales touchant tous les secteurs de la vie économique et sociale.

Si vous partagez notre analyse et si vous souhaitez participer à ce mouvement citoyen, rejoignez nous en nous contactant ici

7 idées open-source pour la transition

 

7 idées, version web 2.0

Des graines de monnaie-du-pape (lunaria) dans un sachet pr la poste

Article écrit par Kristen (Aveyron) sur son site : http://www.arpentnourricier.org/

Dans la sé­rie sur les 7 idées pour la tran­si­tion, celui-ci est consa­cré à la par­tie plus in­for­ma­tique de la tran­si­tion. Quoi qu’en disent cer­tains, l’internet est un ou­til cen­tral dans la tran­si­tion éner­gé­tique. Je me de­mande même si l’internet n’est pas l’un des fac­teurs es­sen­tiels ayant conduit à l’émergence de la tran­si­tion. Je re­vien­drai sur la ré­vo­lu­tion que consti­tue l’internet (de type open-source et web 2.0) dans les rap­ports que l’humanité en­tre­tient avec l’information et la prise de dé­ci­sion, et l’importance que ça re­vêt pour créer de la ré­si­lience en per­met­tant de dé­cen­tra­li­ser le monde. Pour l’heure, contentons-nous d’énumérer quelques idées qui pour­raient bé­né­fi­cier d’une col­la­bo­ra­tion open-source et de quelques com­pé­tence informatiques.

Echange de se­mences peer-to-peer

Connaissez-vous book­mooch ? C’est un sys­tème d’échange de livres sur in­ter­net dans le­quel chaque par­ti­ci­pant fait la liste des livres qu’il veut bien don­ner, la liste des livres qu’il vou­drait re­ce­voir, et le sys­tème or­ga­nise la ro­ta­tion des livres : cha­cun se charge des frais d’envoi aux des­ti­na­taires des livres que le ser­veur aura dé­si­gnés comme heu­reux ré­ci­pien­daires de ses dons, tan­dis qu’il re­çoit gra­tui­te­ment des livres de sa liste de sou­haits, ex­pé­diés par d’autres par­ti­ci­pants. La comp­ta­bi­lité est as­sez simple, puisque 1 livre ex­pé­dié donne droit à 1 livre reçu.

La tech­no­lo­gie pour­rait être ri­gou­reu­se­ment la même pour les échanges de se­mences an­ciennes : cha­cun en­ver­rait à ses frais des sa­chets de graines et en re­ce­vrait d’autres gra­tui­te­ment. Il y a en plus trois avan­tages ma­jeurs des graines sur les livres : la li­vrai­son est moins chère, il y a pro­ba­ble­ment moins de ré­fé­rences à gé­rer, et les graines se multiplient.

Avec un tel sys­tème, il se­rait par­fai­te­ment en­vi­sa­geable que des par­ti­cu­liers aux quatre coins de la France (voire du monde) puissent en­tre­te­nir la bio­di­ver­sité et la ri­chesse des va­rié­tés po­ta­gères : une sorte de conser­va­toire dis­tri­bué, vi­vant, et nour­ri­cier, aux an­ti­podes des banques de graines cen­tra­li­sées, conge­lées et pro­ba­ble­ment stériles.

Sys­tème de lo­gis­tique distribuée

Avec le dé­clin pro­gres­sif des éner­gies fos­siles, le prix du trans­port aug­men­tera mé­ca­ni­que­ment. Le trans­port sur les longues dis­tances pourra tou­jours bé­né­fi­cier de grosses éco­no­mies d’échelles et de moyens de trans­port éco­nomes (ba­teau, train), mais le trans­port jusqu’au client fi­nal se fait gé­né­ra­le­ment par voi­ture ou camionnette.

Pour les pe­tits co­lis, c’est la Poste qui est le plus ef­fi­cace, avec ses tour­nées qui des­servent ab­so­lu­ment tout le monde, mais elle se­rait bien en peine de dis­tri­buer des mar­chan­dises plus vo­lu­mi­neuses ou plus lourdes, par exemple vos courses, et c’est là qu’il faut uti­li­ser autre chose.

L’idée de s’appuyer sur les consom­ma­teurs eux-même pour la li­vrai­son, les grandes sur­faces la mettent en pra­tique tous les jours : cha­cun va faire ses courses au su­per­mar­ché, qui n’est fi­na­le­ment qu’en vaste en­tre­pôt co­loré, as­semble soi-même sa com­mande et réa­lise sa propre li­vrai­son. C’est as­sez idiot en termes d’efficacité éner­gé­tique, à moins qu’on ar­rive à faire les courses pour ses voisins.

C’est en par­ti­cu­lier en tra­vaillant sur la lo­gis­tique des AMAPs et des grou­pe­ment d’achats qu’on peut cher­cher à op­ti­mi­ser un ré­seau lo­gis­tique s’appuyant uni­que­ment sur les al­lées et ve­nues des particuliers-consommateurs. En es­sayant de pro­fi­ter au maxi­mum des dé­pla­ce­mennts que les gens font de toute fa­çon (tra­vail, école, mar­ché, etc.), ce ré­seau lo­gis­tique pour­rait être par­ti­cu­liè­re­ment ef­fi­cace en éner­gie et en coût (mais pro­ba­ble­ment pas en temps). Un atout ma­jeur de ce sys­tème, c’est que les par­ti­cu­liers ont na­tu­rel­le­ment ten­dance à al­ler tra­vailler dans les lieux de pro­duc­tion et les lieux ur­bains, et à ha­bi­ter dans les quar­tiers ré­si­den­tiels et les zones ru­rales. Il sont donc par construc­tion des li­vreurs idéaux.

Le nombre d’acteurs étant par­ti­cu­liè­re­ment grand, avec des contraintes per­son­nelles par­ti­cu­liè­re­ment dis­pa­rates, la ges­tion cen­tra­li­sée d’un tel ré­seau se­rait illu­soire. En re­vanche la ges­tion dis­tri­buée as­sis­tée par in­ter­net et par té­lé­pho­nie mo­bile pour­rait avoir du sens. Je n’ai pas en­core raf­finé les dé­tails, mais on pour­rait ima­gi­ner que chaque par­ti­ci­pant pré­cise sur un ser­veur ses ha­bi­tudes de tra­jets, que les par­ti­ci­pants au ni­veau lo­cal dé­fi­nissent quelques points de re­dis­tri­bu­tion un peu cen­traux et sé­cu­ri­sables (la gare, l’école, le mar­ché, le café, la mai­rie) à la ma­nière des points Kiala. La ma­chine op­ti­mi­se­rait en­suite les par­cours des co­lis à ache­mi­ner en en­voyant des alertes cour­riel ou SMS aux par­ti­ci­pants sol­li­ci­tés. Un par­ti­ci­pant pren­drait le co­lis au point spé­ci­fié, le scan­ne­rait avec son té­lé­phone mo­bile (juste une photo du code barres), et l’emmènerait à un autre point spé­ci­fié. A chaque tra­jet, le par­ti­ci­pant ga­gne­rait des points, ce qui pour­rait soit lui va­loir des li­vrai­sons gra­tuites pour ses co­lis, soit éven­tuel­le­ment une in­dem­ni­sa­tion en na­ture (es­sence, pneus). S’il s’agit de pro­duits non-périssables, on peut s’appuyer in­té­gra­le­ment sur les allées-venues ha­bi­tuelles des gens, ce qui fe­rait un coût de trans­port quasi-nul et po­se­rait peu de ques­tions au ni­veau des as­su­rances. Pour les pro­duits pé­ris­sables tels que les pa­niers de fruits et lé­gumes des AMAPs, il fau­drait peut-être que le pro­duc­teur ou un adhé­rent se charge d’effectuer un tra­jet spé­ci­fique pour le pre­mier tron­çon de la livraison.

Qu’il soit mis en oeuvre par une en­tre­prise ou une as­so­cia­tion, ce prin­cipe pour­rait se fi­nan­cer de plu­sieurs ma­nières : soit l’essence est vrai­ment chère, au­quel cas ce sera pro­ba­ble­ment le mode de li­vrai­son le moins cher, ce qui rend son suc­cès com­mer­cial iné­luc­table ; soit l’essence n’est pas en­core suf­fi­sam­ment chère, au­quel cas il fau­drait plu­tôt fi­nan­cer l’opération en ven­dant des cré­dits car­bone (ou par un autre mé­ca­nisme qui ré­com­pense la so­briété éner­gé­tique), puisqu’on sau­rait as­sez fa­ci­le­ment chif­frer l’économie de car­bone occasionnée.

Re­cherche agro­no­mique distribuée-coordonnée

J’ai déjà men­tionné dans un pré­cé­dent ar­ticle qu’il ne suf­fit pas d’imiter la na­ture pour qu’une concep­tion per­ma­cul­tu­relle soit au point du pre­mier coup. L’évolution a mis des mil­lions d’années pour mettre au point les éco­sys­tèmes ré­si­lients et pro­duc­tifs que nous ob­ser­vons au­tour de nous ; il semble nor­mal qu’il faille au moins quelques an­nées voire quelques dé­cen­nies de tâ­ton­ne­ments pour qu’une concep­tion per­ma­cul­tu­relle porte vrai­ment ses fruits. Comme chaque jar­din est dif­fé­rent et chaque jar­di­nier a ses propres contraintes, on ne peut pas s’appuyer sur des re­cettes toutes faites dé­ve­lop­pées par un Ins­ti­tut Na­tio­nal de la Re­cherche en Per­ma­cul­ture, et cha­cun doit s’y coller.

Cela dit, rien n’empêche de mettre en com­mun les réus­sites et les dé­boires — c’est d’ailleurs l’un des ob­jec­tifs de ce site. Charge à cha­cun d’interpréter les ex­pé­riences des uns et des autres et d’en adap­ter les en­sei­gne­ments à son jar­din. Il manque pro­ba­ble­ment aux per­ma­cul­teurs fran­co­phones un ou plu­sieurs fo­rums pra­tiques cal­qués sur le fo­rum des agri­cool­teurs, consa­cré au non-labour et aux tech­niques cultu­rales sim­pli­fiées en grande culture.

Mais on peut al­ler en­core plus loin, quand il s’agit d’expérimentations au long cours qui se­raient trop lourdes ou trop longues pour une seule per­sonne. On pour­rait col­lec­ti­ve­ment pro­po­ser des pro­to­coles ex­pé­ri­men­taux sur des su­jets d’intérêt large, et cha­cun s’emparerait d’un bout du su­jet pour mettre en oeuvre une ex­pé­ri­men­ta­tion dans son jar­din et en­suite mettre en com­mun les observations.

Pre­nons un exemple concret : le pro­blème des li­maces est un su­jet cen­tral dans les tech­niques de non-labour et de culture sur butte au­to­fer­tile avec paillage épais et per­ma­nent. L’une des so­lu­tions pro­po­sées en per­ma­cul­ture consiste à en­tre­te­nir des po­pu­la­tions de pré­da­teurs (ca­rabes, hé­ris­sons, cra­pauds) en main­te­nant un ha­bi­tat adapté dans le jar­din : haies, tas de bois, mu­rets en pierres sèches, etc. On pour­rait ima­gi­ner d’établir une mé­tho­do­lo­gie de comp­tage des li­maces et des pré­da­teurs, ainsi qu’une mé­tho­do­lo­gie d’observation des éven­tuels dé­gâts cau­sés par les gas­té­ro­podes, et que cha­cun mène des ob­ser­va­tions dans son jar­din sur quelques an­nées, en no­tant la pré­sence d’habitats, la mé­téo, les cultures af­fec­tées, etc. On met en­suite en com­mun la masse de don­nées ac­cu­mu­lées, et cha­cun peut tâ­cher de mettre en évi­dence des cor­ré­la­tions et éven­tuel­le­ment des re­com­man­da­tions quant à l’efficacité re­la­tive des dif­fé­rentes ap­proches se­lon le cli­mat, le ter­rain, etc. D’ailleurs, si de vrais agro­nomes veulent nous don­ner un coup de main pour mettre tout ça en forme et co­si­gner une pu­bli­ca­tion — consul­table par tout le monde, bien en­tendu — ils se­ront les bienvenus.

Uni­ver­sité podcast

L’une des pré­oc­cu­pa­tions ma­jeures des ini­tia­tives de tran­si­tion, c’est celle de l’inadéquation entre nos com­pé­tences ac­tuelles (for­ma­tion aca­dé­mique in­tel­lec­tuelle, em­plois de bu­reau) et les be­soins fu­turs d’une so­ciété en dé­crois­sance éner­gé­tique qui de­vra re­non­cer aux ma­chines dans de nom­breux do­maines. Rob Hop­kins ap­pelle à une ‘grande re­con­ver­sion’ (the great re­skilling) pour que cha­cun ac­quière des com­pé­tences ar­ti­sa­nales concrètes pour aug­men­ter la ré­si­lience des col­lec­ti­vi­tés. Cette grande re­con­ver­sion re­pré­sente un lourd in­ves­tis­se­ment en temps, or nous man­que­rons jus­te­ment de temps s’il nous faut nous re­mettre à faire à la main de nom­breuses tâches pré­cé­dem­ment mé­ca­ni­sées. Pre­nons l’exemple de l’agriculture : s’il faut re­ve­nir à une pro­por­tion de 20 ou 30% de pay­sans, il faut pou­voir for­mer des pay­sans à tour de bras. Mais on n’aura pas les res­sources pour que 20% des gens passent quelques an­nées dans un am­phi, ni même les res­sources pour avoir as­sez d’enseignants pour ces co­hortes d’aspirants paysans.

Contrai­re­ment aux ini­tia­tives ac­tuelles qui gé­né­ra­lisent la mise en ligne des am­phis ou des tu­to­riels en vi­déo sur you­tube, l’idée d’une uni­ve­risté agri­cole en pod­cast, c’est qu’on peut être à la fois aux champs et en am­phi — c’est l’intérêt des tâches ma­nuelles non-mécanisées que de li­bé­rer une par­tie de l’esprit et des oreilles pour s’informer ou se for­mer en même temps. Le sup­port au­dio est idéal par rap­port à la vi­déo, puisqu’il ne né­ces­site que très peu d’infrastructures et de res­sources. Ainsi, sur le même mo­dèle que le site des ar­chives de l’émission Terre à Terre qui dif­fuse des cen­taines d’heures de sa­gesse éco­lo­gique, on pour­rait ras­sem­bler les res­sources au­dio pour qu’avec un simple lec­teur mp3 à 100€ et un ac­cès in­ter­net chez le voi­sin, chaque ap­prenti pay­san puisse se for­mer tout en tra­vaillant son jar­din. Si on est li­mité en dé­bit, on peut même dé­ci­der de dif­fu­ser non pas des en­re­gis­tre­ments au­dio mais des ou­vrages tex­tuels, la syn­thèse vo­cale texte → mp3 s’effectuant du côté client et non pas du côté serveur.

La for­ma­tion au­dio se­rait aussi par­fai­te­ment adap­tée à un monde où les trans­ports se­raient plus lents : s’il me faut deux heures de marche, de vélo ou de trans­ports en com­mun pour al­ler au tra­vail au lieu de 20 mi­nutes en voi­ture, je peux suivre 800 heures d’enseignement par an pour un coût col­lec­tif dé­fiant toute concur­rence, et ainsi per­mettre la grande re­con­ver­sion sans qu’il faille at­tendre un grand plan d’urgence na­tio­nal qui ne vien­dra sans doute jamais.

En­sei­gne­ment à dis­tance Open-Source

Conti­nuons dans la veine de l’enseignement. Quand on voit que l’enseignement dis­pensé par l’Education Na­tio­nale est de plus en plus in­adapté aux en­jeux de la tran­si­tion, et que l’institution elle-même n’est pro­ba­ble­ment pas très ré­si­liente en cas de crise ma­jeure et pro­lon­gée, on est tenté comme un nombre crois­sant de pa­rents de ne pas sco­la­ri­ser ses en­fants et d’assurer l’enseignement à la mai­son. Outre la re­pro­duc­tion des pré­ju­gés cultu­rels, le risque que j’y vois c’est que les pa­rents se li­mitent aux en­sei­gne­ments qu’ils maî­trisent. Mais si les pa­rents met­taient en com­mun leurs ‘pro­grammes’, leurs ac­ti­vi­tés de dé­cou­verte, leurs res­sources do­cu­men­taires, leurs su­jets de cu­rio­sité etc. on dis­po­se­rait d’une ou­ver­ture et d’une ri­chesse que ja­mais l’enseignement aca­dé­mique cen­tra­lisé ne pour­rait at­teindre, et au­cun en­fant ne se­rait bridé dans son ap­pren­tis­sage par les éven­tuelles dif­fi­cul­tés des pa­rents sur tel ou tel sujet.

Tech­no­lo­gie ap­pro­priée Open-Source

Pour un monde re­lo­ca­lisé où l’activité pro­duc­tive dé-mondialisée se fait à plus pe­tite échelle, il nous fau­dra toute une gamme d’outils tech­no­lo­giques nou­veaux. Les nou­veaux ou­tils et les nou­velles ma­chines doivent être moins gros que les ma­chines d’usine, consom­mer moins d’énergie (et éven­tuel­le­ment plus d’huile de coude), et être moins so­phis­ti­qués pour per­mettre d’être construits et main­te­nus lo­ca­le­ment avec les res­sources ma­té­rielles et tech­niques du lieu. Cette gamme in­ter­mé­diaire, c’est ce qu’on ap­pelle la tech­no­lo­gie ap­pro­priée : de­puis l’après-guerre, c’est sur­tout dans le cadre d’initiatives de dé­ve­lop­pe­ment pour les pays du Sud que quelques in­gé­nieurs sans fron­tières conçoivent et mettent au point des ma­té­riels moins com­plexes et à échelle familiale.

Ce qu’on voit ap­pa­raître grâce à la dif­fu­sion de l’internet dans les pays du Sud, c’est un foi­son­ne­ment des tech­niques et des ou­tils en tech­no­lo­gie ap­pro­priée, non pas conçus et mis au point par des in­gé­nieurs oc­ci­den­taux, mais par des in­gé­nieurs lo­caux, voire des vil­la­geois in­gé­nieux. Et ces concepts font ra­pi­de­ment le tour de la toile, avec cha­cun qui les amé­liore ou les adapte à ses contraintes ou ses res­sources lo­cales : foyers ro­cket, fours so­laires, chauffe-eau so­laires, mou­lins, bot­teuses, dé­cor­ti­queuses, se­moirs, at­te­lages, pompes, éoliennes, etc.

A l’instar du dé­ve­lop­pe­ment col­la­bo­ra­tif d’outils in­for­ma­tiques grâce à des col­la­bo­ra­tions bé­né­voles entre in­for­ma­ti­ciens du monde en­tier, je suis per­suadé que le mo­dèle Open-Source est le cadre idéal pour la concep­tion et la mise au point des ou­tils en tech­no­lo­gie ap­pro­priée dont nous au­rons bien­tôt besoin.

In­ter­net très-bas-débit

Pour toutes les idées men­tion­nées ici, l’internet est un ou­til cen­tral. Mal­heu­reu­se­ment, on lit par­tout que l’internet re­pré­sente une part de plus en plus im­por­tante de notre consom­ma­tion d’énergie et des émis­sions de gaz à ef­fet de serre. Si l’on tire le fil de ce constat, il faut en conclure que dans un monde de des­cente éner­gé­tique il faut en­vi­sa­ger qu’on au­rait moins d’internet. Pour­tant, la pos­si­bi­lité de com­mu­ni­quer of­ferte par in­ter­net est à mon sens au coeur de notre ca­pa­cité à en­vi­sa­ger col­lec­ti­ve­ment la tran­si­tion. D’ailleurs je suis convaincu que la tran­si­tion est un pur pro­duit d’internet. Ainsi, je pense qu’il nous faut conce­voir une forme d’internet qui puisse fonc­tion­ner avec net­te­ment moins de moyens, et avec des res­sources élec­triques in­ter­mit­tentes, pour à terme n’exiger que de l’électricité re­nou­ve­lable pro­duite de fa­çon dis­tri­buée aux dif­fé­rents noeuds du réseau.

En très gros, la puis­sance consom­mée par un ré­seau de com­mu­ni­ca­tion, c’est pro­por­tion­nel au dé­bit d’information. Et la puis­sance consom­mée par une ferme de ser­veurs, c’est pro­por­tion­nel au vo­lume de don­nées sto­ckées et au dé­bit. Et la puis­sance consom­mée par un or­di­na­teur per­son­nel, c’est pro­por­tion­nel à la puis­sance de cal­cul mise en jeu, donc au dé­bit d’information.

Qu’est-ce qui gé­nère du vo­lume et du dé­bit sur in­ter­net ? Le mul­ti­mé­dia. Une mi­nute d’audio, c’est 100 fois plus lourd qu’une page de texte, et une mi­nute de vi­déo, c’est 50 fois plus lourd que l’audio. Ainsi, si l’on re­vient au bon vieux texte et aux des­sins et ani­ma­tions en for­mat vec­to­riel, on éco­no­mise un fac­teur 5000. Il fau­drait pro­ba­ble­ment re­non­cer à You­tube et à la vi­déo à la de­mande, mais on gar­de­rait wi­ki­pé­dia, les blogs, le mail, même en re­ve­nant à des dé­bits de 56 kbps.

Et pour se pas­ser des fermes de ser­veurs, il fau­drait gé­né­ra­li­ser le sto­ckage peer-to-peer (cha­cun hé­ber­ge­rait un bout de wi­ki­pé­dia sur son or­di­na­teur) et in­ven­ter un mo­teur de re­cherche peer-to-peer dis­tri­bué. Avis aux dé­ve­lop­peurs fous [note : ap­pa­rem­ment, il y a quelques bal­bu­tie­ments in­té­res­sants].

Note fi­nale

Comme pour toutes les idées de la sé­rie, le but est qu’elles se dif­fusent pour que l’une ou l’autre ait la chance de ren­con­trer ce­lui ou celle qui aura l’inspiration et la mo­ti­va­tion de lui faire voir le jour : n’hésitez pas à vous em­pa­rer de ce qui vous semble per­ti­nent et à le re­prendre à votre compte.