Le pic pétrolier : déclarations des experts et décideurs mondiaux

Voici un florilège des déclarations faites par les personnes ou organisations les mieux informées sur les ressources pétrolières au niveau mondial.

M. Robert Hirsch, spécialiste des questions énergétiques ayant travaillé pour l’État et le secteur privé au Etats-Unis.

En 2005, c’est lui qui est à l’origine de l’étude sur le pic pétrolier du DOE (Department of Energy) des États-Unis.
Résumé de l’entretien pour Oil man en septembre 2010) :
Début du déclin de production mondiale dans 2 à 5 ans.
Deux vitesses de déclin de la production pétrolière envisagées: 2% ou 4% par an
Le choc pétrolier de 1973 était causé par une baisse de 4% de la production. Cela semble très peu mais les conséquences sur l’économie sont dramatiques.
Baisse du PIB mondial pendant plus d’une décennie
Récession économique comprise entre 20 et 30%. Je vous laisse imaginer ce que cela peut donner, dans une société qui ne peut même pas tolérer un simple ralentissement de la croissance !
-Il y a un risque de voir les pays producteurs économiser leurs réserves de pétrole

Cela vient confirmer le risque de voir apparaître une réelle pénurie dans les pays importateurs comme la France.
Les réserves d’Arabie Saoudite ne peuvent pas être réalistes
Aucune chance pour que le solaire, l’éolien et la biomasse fournissent une énergie suffisante

M. Christophe de Margerie, PDG de Total.

Il était interrogé par  la commission des finances en 2008, suite à la très forte hausse des prix du pétrole. Ses propos étaient très clairs (vidéo retirée de Youtube).
Transcription « Y a-t-il un problème de spéculation ? Bien sûr, il y a de la spéculation, mais expliquer que les prix du baril augmentent depuis 1999, en passant de 12 dollars à 130, en disant que c’est de la spéculation, c’est soit être ignorant, soit très con, soit c’est une volonté de tromper, et ça c’est beaucoup plus grave. Car le vrai sujet, c’est que les vannes sont aujourd’hui ouvertes à fond, que les pétroliers produisent à fond, et qu’un seul producteur a aujourd’hui des capacités disponibles, c’est l’Arabie Saoudite. Compte tenu des incertitudes qui existent, heureusement que ses même-pas 2 millions de baril/jour sur 86 sont là pour éviter qu’en cas de crise majeure, par exemple au Nigeria (…) je peux vous dire clairement que si Total et les compagnies pétrolières décidaient de partir demain du Nigeria pour des raisons de sécurité, (…) c’est pas 130 dollars le baril, c’est x plus (sic) que l’on verrait. Pourquoi ? Parce qu’à ce moment-là, il n’y aurait plus suffisamment de pétrole disponible.

M. Glen Sweetnam, principal analyste officiel au Département Américain de l’Energie.

Il annonce dans un article du monde que nous pourrions subir un déclin de production mondiale de pétrole d’ici 2011. Depuis, il a été muté dans un service dont les membres ne donnent pas d’interview

M. Jim Baldauf, président de ASPO USA (Association for the Study of Peak Oil)

Début octobre 2010, lors de la conférence annuelle sur le pic pétrolier, plusieurs experts internationaux indiquent que, malgré la hausse de production de certains pays et la découverte de nouveaux gisements, la production mondiale de pétrole ne pourra plus augmenter.

 

Armée Allemande (Bundeswher)

Dans un rapport classé confidentiel, elle décrit, par l’intermédiaire de ses analystes, les conséquences dévastatrices d’un choc pétrolier durable lié au déclin des ressources pétrolières mondiales.
Résumé :
– Le pétrole déterminera la puissance d’un Etat
– Les pays importateurs de pétrole (comme la France) perdront leur pouvoir et leur importance
– La politique remplacera la loi du marché pour l’accès à l’énergie
– Des conséquences en chaîne sur l’économie (hausse des prix, baisse de consommation, faillites, licenciements …)
– Des politiques de rationnement seront imposées

– L’incompréhension et le désarroi des populations face à une crise généralisée pourront conduire à des conflits ouverts

M. Pierre-René Bauquis, Professeur associé à l’Ecole du Pétrole et des Moteurs, Ingénieur et enseignant à l’Institut Français du Pétrole.

En 2006, cet expert estimait que nous devrions atteindre un pic de production en 2020 (100 millions de barils/jour), tous liquides naturels confondus et sans restrictions budgétaires (ce qui n’est pas le cas depuis la crise).

M. GABRIELLI, PDG de la société Petrobras (Compagnie pétrolière Nationale du Brésil).

Celui-ci a indiqué, lors d’une présentation publique en Décembre 2009 que nous devrions atteindre un pic de production en 2010. Il a également indiqué que le déclin qui allait suivre imposerait de trouver, tous les deux ans, un gisement équivalent à l’Arabie Saoudite pour conserver notre rythme de production actuel.

M. J.Peter Gerling, expert à l’Institut Fédéral pour les géosciences et les ressources naturelles en Allemagne.

Il s’exprime dans un rapport du Conseil Mondial de l’Energie (World Energy Council) pour dire avec plein de bon sens qu’il y a plus de risques à être trop optimistes et attendre de voir, qu’à envisager la transition dès à présent, même si l’on découvrait qu’il y a davantage de pétrole que nous l’avions prévu.

Sir Richard Branson, PDG du groupe Virgin.

C’est en Février 2010 que six compagnies du Royaume Uni (Arup, Foster, Scottish and Southern Energy, Solarcentury, Stagecoach group et Virgin) se sont rassemblées afin de lancer un appel à l’ensemble du pays.
Dans leur rapport (The Oil Crunch), ils indiquent que les pénuries de pétrole, les incertitudes sur l’approvisionnement et la volatilité des prix va déstabiliser l’économie, la politique et les activités sociales dans les cinq années à venir.
Ils précisent donc qu’il y a effectivement deux principaux challenges pour les responsables politiques:
– Reconnaître publiquement la situation, ce qui n’est pas encore le cas dans la plupart des pays,
– Mettre en œuvre les choix politiques qui permettront d’éviter les effets les plus graves que la crise pourrait provoquer.

 

Le premier ministre François Fillon

Notre actuel premier ministre l’a déclaré en avril 2011 à l’Assemblée Nationale : « Nous avons, en 2009, atteint le pic de production en matière de pétrole ; la production ne peut maintenant que décroître »

 

Michel Rocard

sur France Inter le 7 novembre 2011
« Nous arrivons à toute allure dans la période où l’offre de pétrole diminuera vite. Et donc une économie de récession, ça va être terrible. (…) Il faut prolonger le temps d’une stabilisation, avant d’entrer dans une grande récession mondiale. Le nucléaire est l’outil pour le faire. Pour le pétrole, nous resterons au même niveau de production peut-être pour moins d’une dizaine d’années, nous le savons ; or il est le sang actuel de notre économie. »

 

Le Président Nicolas Sarkozy

sur France Inter le 17 avril 2012 à 8h50
« Le prix du pétrole est condamné à augmenter, parce que l’air des énergies fossiles…la fin approche. On ne pourra plus vivre avec du pétrole et du gaz ».


Patrick ADDA

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